Ruines, l'après Vietnam dans la survie d'un couple

"Performance pour deux acteurs et un silence", de Luc Fritsch

Théâtre de l'Hopital Ephémère, 1992

Avec Michel Scourneau et Corine Sylvia Congiu

Décors et peintures de Corine Sylvia Congiu

 

 ANNEXE

 "Ruines”, “performance pour deux acteurs et un silence", écrite en 1993 par Luc FRITSCH, a été créée en 1994 au Théâtre de l'Hôpital Ephémère avec Michel SCOURNEAU et Corine Sylvia CONGIU.

Des images fabriquées par Corine Sylvia CONGIU, projetées sur un écran de 3 m sur 4 m jalonnaient les séquences. Peintures, photographies, collagesetmontagesdephotographies, dessins, peintures, àpartir de photocopies et de documents réels issus dela presse de l’époque, et demagazines d'agences de voyages retravaillées avec des techniques mixtes (acrylique, mine de plomb, trichloréthylène...)

 

Comment survivre après cette forme particulière d'existence qu’est le combat à mort au quotidien, comment essayer de réintégrer une vie "normale", c’est ce que s'acharne à faire Steve à son retour de la Guerre du Vietnam.

Lee, sa femme, lentement corrodée par ce qu'il convient d'appeler la maladiede Steve (« Post Traumatic Stress Disorder »), contaminée par le désespoir, dans les derniers sursauts pour sauver son couple et son enfant, retrouve la nécessité et l'exigence de la peinture, que l'activité professionnelle, le tourment et la maternité l'avait induite à abandonner.

Steve alterne mutismes et ratiocinations obsessionnelles, violences et fuites.

Lee ne se lasse pas de le questionner, déterminée à exorciser le mal, convaincue que "Dire, c'est combattre".

Pour elle, la création n'est pas seulement une question de survie personnelle : elle est son moyen spécifique de déclencher la parole de l'autre, de lui opposer des images chocs parfois plus efficaces et plus subtiles que la parole.

 

 

Il y a en effet dans la peinture et la photographie cet étrange pouvoir d'établir une complicité encore inédite avec celui qui la regarde : peut-être celle des émotions encore inavouées

2019 / EXPOSITION "MOIS DE LA PHOTO OFF"

2019, ATELIER de Jean Chazy, 37 BIS RUE DE MONTREUIL 75011

En haut : ZIPPOS VIETNAM , Photographies argentiques, 1994, 81,75cm x 61,5 cm, Exemplaire 1/5, collection privée

 

En bas :

zippo1- "Awarding!I l’ll be the first of all but fighting ! I am the soldier going the rear "

zippo2- "Fighter by day / lover by night / drunkard by choice/ army by mistake"

zippo3- "If my house was in Vietnam and my home in Hell I would sell my house and go home"

zippo4- "I can't live without you. I can't anymore but I can't die"

zippo5- "There's no gravity the world sucks"

Où se LOVE la mémoire ? - Passée, présente, future. 

Images d’une guerre, images de toutes les guerres, passées, présentes, futures. 

Images d’amour aussi…

 

Les zipposétaient le seul objet personnel des combattants de la guerre du Vietnam. A la fois arme de guerre, puisque c’est avec eux qu’ils allumaient les paillottes Viêt-Cong pour y mettre le feu, à la fois objet sentimental où ils faisaient graver quelques mots qui les représentent :

Effigie. Où se LOVE la mémoire ?

Seul objet que l’on recueille sur le cadavre du soldat mort au combat, et que l’on remettra à sa femme ou sa fiancée, sa mère ou son père, mémoire d’un être aimé et qui nous aime, testamentaire. 

 

Ces photos ont été prises en 1993 alors que j’étais en préparation des œuvres pour "Ruines”, “performance pour deuxacteurs et un silence"

Cette pièce de théâtre, écrite en 1993 par Luc FRITSCH, a été créée en 1994 au Théâtre de l'Hôpital Ephémère.

Le sujet en était le « Post Traumatic Stress Disorder » et ses incidences dans une histoire d’amour (Le sous-titre est « L’après Vietnam dans la survie d’un couple »), et c’est donc à double titre que l’œuvre, créée dans son contexte, répond à « Où se LOVE la mémoire ».

Des zippos que m’a prêtés une collectionneuse ont été posés sur le pochoir -comprenant des noms de soldats tués au Vietnam qui sont sur le Memorial de Washington DC-, qui m’a servi dans certaines toiles conçues pour ce projet.

« If my house was in Vietnam and my home in Hell I would sell my house and go home » est la photo de tous les zippos de cette collecte, et chaque zippo trône, telle une tombe parmi les tombes du Cimetière National d’Arlington. 

L’effigie est figure, représentation, symbole,et à cetitre mémoire d’amour.



[1]« Je ne peux pas vivre sans toi. Je ne peux plus mais je ne peux pas mourir »

« Récompensé ! Je serai le premier de tous, mais à se battre ! Je suis le soldat qui va à l'arrière » 

« Combattant de jour / Amant de nuit / Ivrogne par choix / Armée par erreur » 

« Pas grave, le monde craint » 

 

2006 Exposition au Ministère de l'éducation Nationale de l'Enseignement et de la Recherche

Délégation à la Communication, Paris, 21 décembre