PORTRAIT D’ARTISTE
Par Yvonne Ollier
Corine Sylvia CONGIU
- Pouvez-vous vous présenter ? date et lieu de naissance, enfance, étude, vie professionnelle et familiale etc. Tous les éléments me permettant de vous connaître mieux.
· Je suis née à Meknès (Maroc). Arrivée en France à l’âge de 11 ans, enfance et adolescence studieuse jusqu’après l’agrégation d’Arts plastiques, puis j’entame aussitôt une année de philosophie, ensuite une thèse d’Arts Plastiques que je n’ai jamais terminée.
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- Comment et quand avez-vous su que ce serait désormais votre chemin de vie ? Quel en a été la première motivation (l'environnement, le contact avec un professionnel etc.)
- J’ai découvert le monde artistique bien naturellement, bien tardivement, et bien douloureusement, après avoir été convaincue par la famille que j’étais l’artiste de la famille, par mes congénères écolières qui se disputaient les dessins que je distribuais non sans fierté. J’avais même gagné un concours national d’écoliers du Maroc à l’école maternelle, et ma mère a toujours la photo de moi posant timidement devant mon œuvre, un gros pigeon blanc. Ainsi persuadée que j’étais une artiste, mais prudente comme le voulait mon Papa, qui me disait que le professorat restait le meilleur moyen de subsister en étant artiste, j’écrivais sagement sur ma fiche d’élève tous les ans que je voulais être professeur de dessin.
Je suis restée parfaitement inculte en art jusqu‘en terminale, où j’ai eu la révélation de la philosophie, et je me souviens avoir vacillé brutalement dans la voie tracée depuis toujours. Mais j’ai tout de même entrepris des études d’Arts Plastiques, et c’est après l’agrégation et le DEA que je décidai vraiment de devenir ce que j’étais : un peintre avant tout.
Ce choix n'est pas toujours facile à assumer, comment l'avez-vous appréhendé ?
Il m’a fallu bien du temps et bien des hésitations avant de renoncer à être professeur en faculté, mais les exemples de copains tellement dévorés par leur activité universitaire qu’ils finissaient par ne plus rien faire, outre l’impossibilité de contenir et ligaturer ma peinture toujours mouvante dans un discours clos de thèse ont fini par me persuader de me concentrer sur mes activités artistiques
Hors de ce choix, quels sont vos loisirs ?
Le Tango, avec passion, en attendant la réalisation du projet de théâtre de laboratoire dont je suis co-fondatrice avec Luc Fritsch (son manifeste « L’innocence Théâtrale » vient d’être publié)
Si vous deviez vous définir en une phrase :
Impossible. (Acception libre).
A quelles qualités humaines êtes-vous sensible ?
La sensibilité, l’intelligence, la gentillesse, la passion des sentiments nobles, l’humour, la révolte, l’obscénité, la finesse, la bonne humeur, l’indépendance, l’insoumission.
A quels défauts êtes-vous allergique ?
La mollesse, la pleutrerie, la tyrannie, le ressentiment, le manque d’humour,
Vos plus grands bonheurs : Bonheurs d’amour.
Et douleurs : Malheurs d’amour.
En ce monde de technologie, comment situez-vous votre art…
J’utilise la peinture comme un médium de la chair, du corps, du sang, de l’eau, du feu, de l’air et de la terre. Cela peut changer, par hasard, par une trouvaille plastique, un nouvel intérêt, une lassitude.
Je ne refuse pas la technologie, je pratique aussi la photographie (exemple : l'exposition de textes et photographies en mai 2003 en Egypte: "Rencontres au féminin, Centre Culturel Français d’Alexandrie, ), de la vidéo, j’ai réalisé deux p"etits documentaires pour me familiariser avec le montage, "Comment il a fait pour atterrir sur cette feuille blanche" ou "Ca doit être dur de reproduire ça en plus petit" (Projection du court-métrage à la Mairie du 11°, Paris, 30 janvier 2007), Le Héros en 2008.
La technologie vous a-t-elle permis de mieux travailler ?
Du point de vue de la peinture, j’ai beaucoup utilisé des textes et images photocopiés ou tirés à l’imprimante. Du point de vue de tout le travail du peintre qui entoure la peinture et sa « publicité », la technologie m’est absolument indispensable pour prendre des photographies de mon travail, les corriger sur Photoshop, les envoyer…. Quel bonheur que de ne pas avoir à envoyer des dossiers par la poste !
Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre vie d'hier, d'aujourd'hui et de demain ?
Un regard que je voudrais plus serein.
Quel est, professionnellement parlant, votre plus grande joie et votre plus grand regret ?
Je n’ai pas de regrets par philosophie : amor fati. C’est difficile de choisir sa plus grande joie. Peut-être la Commande Publique du Lycée de Senlis, et les deux mois de sa réalisation. A ce propos, je vous propose la photo (en fichier joint) de Patrick Deletoille (à citer SVP) en photographie de 1° page.
Retrouvez notre artiste sur son site :
http://www.congiu.fr